ROY, Simon: Ma fin du monde
Passant de l'univers macabre de Stanley Kubrick (The Shining) à celui alarmiste d'Orson Welles (dans son adaptation radiophonique de La Guerre des mondes), il continue, dans ce quatrième personnel, de lier ses obsessions elles à celles d'œuvres marquantes qui enfoncent la réalité au risque d'effrayer l'être humain. S'il dévoilait une fêlure familiale funeste dans Ma vie rouge Kubrick, il lie ici une vieille frousse collective et chimérique (une invasion de Martiens) à une peur hélas réelle, celle qui provoque la perspective du passage vers un autre monde. Si, dans Fait par un autre, il explorait les châteaux en Espagne échafaudés par un faussaire breveté, il réfléchit dans Ma fin du monde au mensonge, blanc ou noir, qui peut parfois se cacher derrière ces deux petits mots à l'allure innocente : « Au revoir. » Enfin, il nous rappelle le devoir de léguer à ceux qui nous suivront le secret du bonheur, ou du moins le peu que notre séjour sur terre, toujours trop bref, nous aura permis d'en deviner. Fidèle à son style fait de fragments, entre fiction et réalité, entre alarme et vacarme, sa plume file entre les mailles de la peur, elle soit forte, feinte, fine, fameuse, fantastique ou fatidique, mais lui sera, à lui qui signe ici son dernier livre, fatale.